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Biodiversité


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Appel à témoins ! Face à la présence croissante de Jussie

La Jussie est une plante aquatique exotique, séduisante par sa floraison jaune et ses capacités à s’étendre rapidement. Des caractéristiques à première vue avantageuses mais les réjouissances s’arrêtent vite car son expansion sans limite met en péril les espèces locales. A ce titre, la Jussie fait même l’objet d’une réglementation propre, rendant aujourd’hui sa commercialisation et sa prolifération interdite sur le territoire français.


Originaire d’Amérique du Sud, la Jussie a été introduite en France à la moitié du 19ème siècle pour l’ornement. Sa floraison jaune cachait une capacité hors norme à s’étendre très rapidement. Une fois implanté, le plant produit des rhizomes (des racines en surfaces) rougeâtres et des feuilles ovales d’un vert brillant avec des nervures blanches bien visibles. La croissance de ses rhizomes et la formation de ramification sont exceptionnelles et engendrent une colonisation massive du milieu. La Jussie remplace alors les espèces présentes naturellement. Si rien n’est fait, elle comble le milieu aquatique, détruit l’habitat de la faune et la flore aquatique et empêche la circulation de l’eau dans les canaux, fossés et rivières. Elle nuit alors gravement à la nature et met en péril les activités économiques et de loisirs : agriculture, chasse, loisirs nautiques des plans d’eau et rivières, etc. Pire, la faune et les engins fréquentant les zones touchées peuvent la fragmenter et transporter plus loin un nouveau pied dans d’autres mares, rivières, canaux et fossés. Celui-ci s’implantera alors d’autant plus facilement si la zone est ensoleillée et si le sol est à nu.


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Mais alors comment agir ?

Le mode de développement et d’extension de la Jussie rend d’autant plus compliqué son éradication, bien qu’indispensable. La meilleure défense étant l’attaque, il est impératif de réagir très vite et donc d’être vigilant quant à sa présence. Le premier reflexe à adopter est de surveiller régulièrement et attentivement les berges de vos mares et fossés, afin d’identifier cette plante dès son arrivée. Vous trouverez sur cette page des photos permettant de reconnaître facilement l’indésirable. La méthode d’élimination doit être rapide mais s’avère néanmoins complexe. La moindre erreur dans l’arrachage ou le transport de plants peut permettre son développement ailleurs et par conséquent sa propagation. Des techniciens du Parc sont à votre disposition pour vous informer et vous aider à son éradication. Ces spécialistes se tiennent prêts à répondre à vos questions, au moindre doute et avant toute intervention. Aussi, n’hésitez-pas à envoyer des photos.


Exemple concret de lutte contre la Jussie

Le Marais Vernier est l’emblème des zones humides de notre région. Près de 5 000 hectares de roselières et de prairies humides, dont 2 300 de tourbières naturelles, sont nichés dans cet ancien méandre de la Seine et révèlent une biodiversité extraordinaire. D’innombrables canaux et fossés mènent à la Grand’Mare, le seul étang naturel de Haute-Normandie. La Réserve Naturelle Nationale du Marais-Vernier est située au cœur de cet espace. Néanmoins, ce milieu est lui aussi touché par la Jussie. Arrivée il y a une vingtaine d’années dans le secteur tourbeux, elle a envahi une mare de chasse, puis plusieurs sur deux propriétés du cœur du Marais Vernier tourbeux. En 2011, la Réserve de Chasse et de la Faune Sauvage de la Grand’Mare, gérée par la Fédération des Chasseurs de L’Eure, est elle aussi concernée par ce fléau. En 2013, trois mares de la Réserve Naturelle Nationale du Marais Vernier, gérée par le Parc naturel régional, voient elles aussi l’apparition de pieds de Jussie.
Dans ces deux derniers cas, la surveillance et l’expertise des gestionnaires, conjuguées avec l’expérience des premières invasions, ont permis de réagir très tôt, dès l’implantation. Les chances d’éradication sont maximales et la menace pesant sur la flore locale est ainsi contenue. Cependant, la Jussie reste présente dans le Marais-Vernier. Pour garantir un résultat pérenne, la vigilance et la lutte doivent être collectives.

repartition jussie




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