Le parc en action

Biodiversité


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Les inventaires piscicoles

Au sein des milieux aquatiques, les poissons sont au centre de l'écosystème. De l'analyse des peuplements en place, il est possible de tirer des enseignements sur la "qualité" de ces milieux.

La Directive Cadre sur l'Eau (DCE) a bouleversé les pratiques en place en matière d'appréhension de la qualité de l'eau. la qualité des peuplements piscicoles est dorénavant prise en compte de façon importante en tant qu'indicateur de la qualité des milieux aquatiques.

Depuis la loi sur l'eau de 1992 et avec la DCE, le compartiment poisson fait figure d'indicateur de la qualité des milieux aquatiques. Ainsi, les poissons sont des indicateurs biologiques particulièrement sensibles sur des aspects habitationnels relatifs aux abris et aux diversités sédimentaire et hydrologique.

Les inventaires piscicoles font appel à des techniques de pêches scientifiques sont réparties en deux grandes catégories : la méthode passive et la méthode active. Cette classification se base sur le comportement des espèces ciblées vis-à-vis des engins et des techniques de pêches. Avec les engins passifs, les techniciens basent la capture des espèces sur le mouvement de celles-ci vers l’engin de pêche (des pièges). Alors qu’avec des techniques de pêches actives, c’est l’Homme qui va à l’encontre du poisson.


La pêche électrique

La pêche électrique consiste à soumettre les poissons à un courant électrique continu (de 200 à 1 000 Volts, et de 3 à 30 Ampères) généré par deux électrodes dans l’eau. Biologiquement, le champ électrique va exciter la voie sensorielle, ce qui inhibe légèrement la voie motrice pour que le poisson se dirige vers l’anode. Le poisson est alors capturé à l’épuisette. Cette méthode d’échantillonnage des poissons des cours d’eau est normalisée à l’échelle européenne, et est actuellement la plus répandue en France.
Sur le territoire du Parc, la majorité des pêches électriques sont réalisées par l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA). Celles-ci s’inscrivent généralement dans un réseau de surveillance national. D’autres structures interviennent également pour pratiquer cette méthodologie : les Fédérations Départementales pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique (FDPPMA), l’association « Seinormigr » qui travaille sur les poissons migrateurs, et des bureaux d’études spécialisés.

Dans le cadre de ses missions, le Parc fait appel à ces structures pour la réalisation d’inventaires piscicoles sur des problématiques spécifiques (inventaire sur l’anguille, état des lieux, etc.). Ceux-ci permettent de déterminer les différentes espèces présentes, mais également d’estimer les densités en termes de diversités spécifiques et de biomasses. Dès lors, les objectifs peuvent être l’acquisition de données, l’étude de l’évolution de population, le suivi des travaux en estimant les bénéfices écologiques apportés.

Depuis 2010, le Parc a signé deux conventions cadre avec les Fédérations Départementales pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique l’Eure et de Seine-Maritime permettant grâce à leurs technicités de réaliser des inventaires piscicoles spécifiques sur le territoire :

- diagnostic piscicole du marais de Cressenval en 2016 (La Cerlangue, Tancarville, Saint Vigor d'Ymonville) avec la Maison de l'Estuaire, la Fédération de Seine Maritime pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique  et le Parc.

- diagnostic piscicole de l'Austreberthe (2014) et de l'Ambion Sainte Gertrude (2012) avec les Fédérations de l'Eure et de Seine Maritime pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique et le Parc.

- diagnostic piscicole de la renauration de la Fontenelle (2011, 2012, 2014) avec le Syndicat Mixte Bassin Versant Caux Seine, la Fédération de Seine Maritime pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique et le Parc.


 


La pêche par verveux

Le verveux est un filet en forme d’entonnoir composé de deux ailes permettant de rabattre les poissons vers une nasse. Installé sur le fond, il capture les poissons se déplaçant. C’est un bon indicateur de l’activité des espèces piscicoles, la méthode est dite passive.

Cette technique de pêche est généralement utilisée dans les fossés et les eaux calmes. Contrairement aux filets maillants, il a l’avantage de garantir un bon état sanitaire des poissons, permettant leur survie. La pêche aux verveux est particulièrement efficace lorsqu’elle est réalisée sur des petits fossés car elle permet de pêcher sur toute la largeur des annexes hydrauliques. La pêche par verveux était utilisée par de nombreux pêcheurs dans le marais Vernier il y a encore trente ans.

Certains poissons étant lucifuges, notamment l’anguille, les engins pêchent généralement pendant 24 heures. Les individus capturés sont ainsi représentatifs des espèces présentes, qu’elles aient une activité diurne ou nocturne. Cette opération est reproduite plusieurs fois afin d’avoir une moyenne des fréquences d’échantillonnage des espèces.

Le Parc utilise fréquemment ce type d’engins sur les réseaux hydrauliques des boucles de la Seine et également sur certains plans d’eau tels la Grand’Mare (2011, 2015) sur le marais Vernier ou les étangs de Pont-Audemer. Grâce à cela, la quasi-totalité des réseaux hydrauliques des boucles de la Seine ont été inventoriés (2011, 2013), donnant ainsi l’état des populations piscicoles du territoire du Parc. Dans le marais Vernier, les inventaires menés donnent une évolution sur 10 ans de ces milieux.
Enfin, cela permet de constater les problèmes d’accessibilité de l’anguille entre la Seine les différents réseaux hydrauliques.




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