Le parc en action

Biodiversité


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Restauration de la continuité écologique

La rivière est un milieu où transitent continuellement un volume d’eau et un volume de sédiments. Ces sédiments, provenant de l’érosion des berges et des différentes surfaces présentes sur le bassin versant de la rivière, permettent de diminuer l’énergie de la rivière. Selon les différents paramètres cités, un équilibre s’établit invariablement entre l’érosion et le dépôt des sédiments. A l’échelle de quelques siècles, les rivières voient leur lit mineur se déplacer régulièrement dans le lit majeur grâce aux processus d’érosion et dépôt. Les annexes fluviales comme les bras morts sont une des résultantes de cette mobilité et un témoignage de la présence de l’ancien lit de la rivière.

Le déplacement des organismes vivants

De nombreux insectes aquatiques, poissons et certaines plantes ont besoin de transiter dans les milieux aquatiques pour accomplir leur cycle biologique. C’est particulièrement le cas pour les espèces piscicoles qui ont besoin de migrer sur plusieurs kilomètres, voire milliers de kilomètres (anguille, saumon, etc.).

Les ouvrages et leurs impacts

Depuis des siècles, l’Homme modifie les milieux aquatiques pour les adapter à son usage. De nombreux ouvrages ont été construits en travers de cours d’eau pour différents usages : force motrice, alimentation, navigation, etc. Ces ouvrages ont conduit à augmenter le degré de fractionnement des milieux aquatiques. Les répercussions sont diverses :
- obstacle à l’écoulement de l’eau : en amont des ouvrages, l’augmentation artificielle de la profondeur de l’eau et la réduction de sa vitesse induisent son réchauffement et une diminution de sa teneur en oxygène.
- obstacle au transit sédimentaire : les sédiments sont bloqués au niveau des ouvrages et s’accumulent en amont, modifiant le substrat en amont de ces ouvrages. Il en résulte une détérioration des habitats des insectes aquatiques, des poissons et des plantes ainsi qu’une diminution des capacités autoépuratrices des cours d’eau.
- obstacle aux déplacements des organismes vivants : ces ouvrages limitent voire empêche la migration d’espèces vivantes. Les poissons sont les plus confrontés à cette problématique. Certaines espèces ont besoin de remonter le cours d’eau (truite de mer, saumon) pour se reproduire et coloniser le milieu. La dévalaison est nécessaire également pour certaines espèces (anguille, juvéniles de salmonidés) et subissent une mortalité par la présence de turbine, ou sont désorientés (absence de courant) dans les masses d’eau créées par l’ouvrage.

La réglementation

Au niveau national, l’article L214-18 du Code de l’environnement, fixe la réglementation sur l’aménagement des ouvrages pour la restauration de la continuité écologique.

Au niveau européen, la directive 2000/60/CE du 23 octobre 2000 dite directive cadre sur l’eau fixe la continuité écologique sur les cours d’eau parmi ses objectifs environnementaux. La circulaire du 28 juillet 2005 relative à la définition du « bon état » traduit la proposition française en la matière. Elle indique que la continuité écologique doit être assurée afin que le bon état écologique puisse être atteint sur les cours d’eau.

D’autres documents de planification nationaux tels le Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) ou le plan de gestion Anguille définissent des orientations de gestion au profit des milieux aquatiques et de leur biocénose. La restauration et la préservation des continuités écologiques est une des dispositions prescrite par ces documents.

Les actions engagées sur le territoire du Parc

Sur le territoire du Parc, de nombreuses structures, dont le Parc portent actuellement des projets de restauration de continuités écologiques : le syndicat intercommunal de la basse Vallée de la Risle sur la Risle au niveau de Pont-Audemer, le Syndicat Mixte des Bassins Versants Caux Seine sur l’Ambion / Sainte-Gertrude et la Rançon. 

Des actions ont déjà été réalisées avec succès, sur le plan écologique et paysager. La renaturation de la Fontenelle sur la commune de Saint-Wandrille-Rançon a permis de se soustraire d’un ouvrage considéré comme infranchissable. Sur la Corbie à Toutainville, la fédération de l’Eure pour la pêche et la protection du milieu aquatique a équipé le moulin de Rica par une passe à poisson rustique. Un an plus tard, le nombre de frayères de truite de mer a été multiplié par 2, avec une répartition nettement plus homogène sur le long cours d’eau.

Dans ce domaine, le Parc intervient généralement en tant qu’appui technique auprès des structures porteuses de ces projets. Au travers des inventaires piscicoles réalisés, les gains écologiques sont mis en valeur suite aux aménagements. Mais le Parc peut également mener le projet si aucune structure ne peut porter des mesures de restauration.


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