Le parc en action

Biodiversité


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Restauration et conservation des espaces par le pâturage extensif

Sur les terrains difficiles et peu rentables, la disparition de l’agriculture traditionnelle laisse place à une friche ligneuse. C’est généralement le cas des milieux très humides parfois tourbeux comme le Marais-Vernier et le marais d’Heurteauville. Quand le développement des ligneux, conduisant à la fermeture des milieux, se généralise sur un territoire, une grande partie de la biodiversité régresse. Une grande partie des milieux naturels dit ouverts est alors en régression, parfois même menacée de disparition. Ce phénomène engendre la fragilisation voire la disparition de populations animales et végétales qui en dépendent.

Une expérimentation ambitieuse initiée en 1979 par Thierry Lecomte et Christine Le Neveu dans le cadre d’un Doctorat en écologie a permis de mettre en place une gestion des milieux naturels voulant tendre vers un espace « naturel » au sens strict du terme, caractérisé par un équilibre de milieux ouvert (prairie, tourbière), semi-ouvert (mégaphorbiaie) et fermé (fourré, boisement). Le régulateur de cet équilibre étant le climat, la guilde des grands herbivores ainsi que l’assemblage de toutes les influences naturelles (faune), cette expérience a pour but de retrouver l’action des herbivores, reconnue pour être la voute manquante aux écosystèmes naturels. Cette expérimentation s’est traduite par l’implantation d’espèces rustiques, le plus proche possible biologiquement et génétiquement des ancêtres sauvages aujourd’hui disparus, qui peuvent assurer leur cycle biologique avec un minimum voire une absence d’apport de nourriture, de soins médicaux et de surveillance.
Prenant effet sur la Réserve Naturelle des Mannevilles dès 1979, le pâturage par des vaches Highland et des Chevaux Camarguais en effectif modérée, appelé pâturage extensif, a révélé ces nombreux bienfaits pour la restauration et la conservation du patrimoine naturel de la Réserve. Le pâturage extensif permet alors de créer et restaurer la diversité biologique attachée aux espaces ouverts, de recréer un écosystème spécifique à l’herbivore (protozoaires, bactéries et invertébrés liés aux corps et aux bouses de l’animal).
Des suivis scientifiques réguliers permettent d’objectiver le rôle des herbivores dans la préservation des ressources naturelles et divers gestionnaires privés (chasseurs, associations, collectivités, Réserves naturelles, etc.) utilisent également, à la suite du Parc, cet outil de gestion naturel.
Aujourd’hui, 80 chevaux de Camargue, 100 bovins West Highlands, 25 bovins Aubracs et 4 poneys landais constituent la barre de coupe naturelle permettant l’entretien au moindre coût de quelques 390 ha de terrains que gère le Parc dans les zones humides de la Vallée de Seine et de ses affluents.
Avec une expérience d’une trentaine d’année, le Parc est aujourd’hui reconnu nationalement comme une ressource scientifique et technique incontournable vis-à-vis de ce pâturage extensif. Cette expérience est alors au service de tous mais aussi et surtout des ressources naturelles de nos régions.


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