Les richesses du Parc

Les richesses patrimoniales


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Croyances et fêtes


Les Saints

Les Saints sont nombreux à être vénérés sur le territoire et de nombreux lieux de vénération perpétuent ces croyances.
Par exemple, on vénère Saint-Clair pour recouvrer la vue, Saint-Méen pour soigner  les maladies de la peau, Saint-Christophe pour protéger les voyageurs, la Vierge pour les marins et Saint-Pierre pour les pêcheurs.



Saint Clair est vénéré à la Haye de Routot : chaque année au mois de juillet, une confrérie de charité met à l’honneur Saint-Clair en érigeant au cœur du village un bûcher de 15 mètres de haut. Le soir venu, on allume le bûcher. Si le bois de la croix placée au sommet brûle, c’est signe de mauvais présage. Cette pratique perdure encore aujourd’hui.



Saint-Maur est vénéré à Vatteville la rue : un petit oratoire, édifié à la fin du XIXe siècle dans la forêt de Brotonne  à l’emplacement d’un ancien prieuré, fait toujours l’objet de la dévotion au saint. On y invoque le saint pour guérir les maladies ou les déficiences infantiles telles que le rachitisme. Deux pratiques coexistent : on peut y nouer des branches d’arbres afin de solliciter la guérison des enfants « noués ». Quand la croissance de l’arbre entraîne la libération du nœud, l’enfant est alors « dénoué ». On peut également déposer sur l’autel de la chapelle une feuille de papier sur laquelle est inscrit le vœu adressé au saint.
Saint-Maurice est vénéré à Saint-Maurice d’Etelan : ce saint est invoqué pour guérir les douleurs rhumatismales et la goutte. Un feu est allumé chaque année, au cœur du village, en l’honneur du Saint.



Saint-Thomas est vénéré à la chapelle d’Aizier qui porte son nom: Les ruines de la chapelle Saint-Thomas constituent les derniers vestiges d’une ancienne léproserie médiévale. Une tradition toujours vivace consiste à nouer des branches d’arbres afin de solliciter la guérison des enfants atteints de rachitisme.



La vierge Marie est vénérée à la chapelle Notre-Dame de Barre-Y-Va à Caudebec-en-Caux : cette chapelle dont le nom rappelle le mascaret qui remontait le fleuve (« barre »), aurait été construite au XIIIe siècle. Elle a été un lieu de dévotion particulièrement prisé par les marins qui sollicitaient la protection de la Vierge. De nombreux ex-votos y ont été déposés en son honneur.



Les fêtes

Les fêtes sont l’occasion pour la population de se retrouver et de partager des moments de convivialité. Ainsi, la période des moissons donne lieu à une fête dite Fête de la Moisson. Une messe est célébrée avant ou après la récolte. Au cours de cette messe, le prêtre bénit les outils qui vont servir à moissonner ou, si la messe a lieu après les moissons, les épis qui sont alors distribués aux participants. Les églises sont généralement décorées de divers objets tressés et un pain bénit est confectionné à cette occasion par l’un des cultivateurs. Cette fête existe encore de nos jours mais elle présente des aspects plus modernes tels que la présentation de machines agricoles ou l’organisation de marchés fermiers…
Il y a également les traditionnelles fêtes religieuses telles que Noël, Pâques, la Fête-Dieu, la fête de la Saint-Jean qui donnent lieu à de nombreuses festivités où se mêlent chants, danses et gastronomie. Souvent, ces fêtes, pourtant religieuses, intègrent quelques éléments de croyances populaires. C’est le cas à Caudebec-en-Caux où lors de la Saint-Jean,  on cueille un bouquet de marguerites que l’on jette sur le toit pour le protéger de la foudre.



Croyances et légendes populaires

Surtout présentes en milieu rural, les croyances populaires mêlent superstitions et sorcellerie. On recourt alors à des formules pour se préserver des maladies, du mauvais temps ou bien on peut solliciter l’aide de sorciers dont les pouvoirs sont divers. Les animaux n’échappent pas aux superstitions comme c’est le cas des chats noirs, des chauves-souris ou encore des chouettes. Les croyances populaires s’attachent aussi bien à des lieux, des faits, des animaux ou encore des personnages mythiques.

Certaines légendes ont eu cours jusqu’au début du XXe siècle. C’est le cas de la légende du Loup vert de Jumièges. Sainte-Austreberthe, abbesse du monastère de Pavilly était en charge avec  ses moniales du blanchissage du linge de l’abbaye de Jumièges. Vingt kilomètres séparant les deux abbayes, un âne était chargé du transport du linge. Un jour, Sainte-Austreberthe ne voyant pas l’âne revenir,  se douta qu’un malheur lui était arrivé. Elle se rendit dans la forêt où elle croisa un loup qui ne tarda pas à avouer son crime. En pénitence, le loup fut alors condamné par Sainte-Austreberthe à accomplir ce que l’âne faisait et ce jusqu’à la fin de ses jours. En souvenir de cette légende, il s’est créée au Conihout, hameau du Mesnil-sous-Jumièges une confrérie de Saint-Jean ou du Loup vert dont le maître porte une houppelande verte.

Une autre légende court également dans le Pays de Caux, celle de la pierre dite « Chaire à prêcher » ou « Pain bénit ». Sur l’ancienne route de Villequier se trouve le château de La Martinière près duquel on peut voir une pierre de forme conique dont le sommet est aplati. La légende raconte que cette pierre pivoterait sur elle-même trois fois le vendredi Saint à midi et sept fois à Noël pendant la messe de minuit. Sous cette pierre se cacherait également de merveilleux trésors. Des monstres, des jeunes filles vêtues de blanc ou encore des fées auraient été aperçus près de cette pierre.

Les croyances populaires investissent tous les aspects de la vie y compris la santé. Il n’est pas rare, en effet, de se soigner ou de prendre des potions en fonction de certaines croyances transmises par les anciens. Par exemple, pour soigner les enfants de la coqueluche, on peut leur faire manger une souris ou avaler du sirop de navet. Les limaces et les escargots avalés vivants sont quant à eux excellents pour soigner la tuberculose. Si les remèdes ne fonctionnent pas, on peut alors consulter un rebouteux, un guérisseur voire un médecin en dernier recours…



Croyances liées aux arbres remarquables

Les arbres font partie intégrante du paysage normand et certains d’eux ont été qualifiés de remarquables en raison de leur longévité, de leur taille, de leur essence ou des croyances qui y sont parfois attachées.
Les ifs de La Haye de Routot sont âgés d’environ 1600 ans. Leurs troncs, qui se sont creusés au fil des siècles, accueillent un oratoire et une chapelle. La chapelle est ouverte une fois par an lors de la fête du feu de Saint-Clair.
Le chêne d’Allouville-Bellefosse, âgé d’environ 1300 ans, abrite depuis la fin du XVIIe siècle une chapelle dédiée à Notre-Dame de la Paix.
Le chêne-cuve situé en Forêt de Brotonne atteint 40 mètres de haut. Sa particularité consiste en son tronc divisé en quatre fûts distincts. Il fait l’objet d’une dévotion particulière puisque selon la croyance, l’eau recueillie dans le bas du tronc guérirait les maladies de peau.





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