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les boucles aval de Rouen

Les boucles aval de Rouen

Le terme boucle prend tout son sens ici, tant le fleuve a dessiné trois territoires intimement liés et ouvert les uns sur les autres : les trois
boucles en aval de Rouen se regardent mutuellement et se servent en même temps de toile de fond.
Il s'agit de la boucle de Roumare, de la boucle d'Anneville et de la boucle de Jumièges.


Ces trois boucles présentent des coteaux abrupts et le plus souvent boisés en périphérie, ainsi que des plaines humides et cultivées à la fois au coeur des boucles. Leurs organisations originelles sont proches : un fleuve canalisé, des marais gérés par une agriculture variée et caractérisée par un maillage bocager, une urbanisation implantée le long de la route principale, entre la Seine et le bas du coteau, des zones transitoires sur les coteaux accueillants des terres labourables propices à la céréalicultrice et des forêts massives au centre de la boucle.
Les coteaux sont en toile de fond. Les systèmes agricoles sont variés et donnent une image de "campagne jardinée" : maraichage, verger se mêlent à la céréalicultrice et à l'élevage. Le lien intime qui lie l’habitat, l’exploitation agricole, les vergers (de pommiers, poiriers, cerisiers, prunes, petits fruits,...) avec les autres structures végétales d’accompagnement (haie taillée de hêtres, arbre isolé, murs et murets fleuris) est un marqueur identitaire de ce territoire. Il n’existe pas de limite formelle entre le paysage des villes et des villages et celui de la campagne agricole. Les vergers, les prairies, les zones maraîchères font partie des paysages habités : il y a constamment des interrelations, d'où l'image de "campagne jardinée".
L'aménagement des berges de Seine (berges bétonnées, descentes de bacs non valorisées, glissière de sécurité présentent le long de la route longeant la Seine) crée alors un fort contraste entre le fleuve et cette "campagne jardinée". La réalité d'un fleuve aux berges bétonnées est tenace.
Ces boucles sont le lieu des grandes abbayes de la Vallée de la Seine et de leur domaine (Saint Pierre à Jumièges et Saint Georges de Boscherville à Saint Martin de Boscherville font partie des grandes abbayes entre Rouen et Le Havre, avec Saint Wandrille située entre la vallée de la Seine et celle de la Fontenelle). De nombreuses propriétés sont également réparties sur l'ensemble de ces trois boucles. L'habitat est lui organisé de manière linéaire et presque continue le long des principaux axes de circulation. La Bouille et Duclair font exception dans la mesure où leur urbanisation est très dense et organisée autour d’un passage de bac important.
Enfin, une urbanisation moins dense existe sur le bourrelet alluvial : ce sont les conihouts précédemment expliqués.
Les choix récents d'implantation d'activité économique créent des divergences entre les évolutions de ces paysages communs aux trois boucles : l’extraction, la transformation et le transport des granulats en vallée de Seine est l’activité économique qui a le plus de répercussion dans la perception des paysages des trois boucles aval de Rouen. Si la boucle de Roumare n'est pas concernée, la boucle de Jumièges est en partie exploitée tandis que la boucle d'Anneville-Ambourville est très exploitée.
Les trois boucles présentent donc une organisation de départ commune mais trois évolutions différentes.



La boucle de Roumare

A proximité de Rouen, elle est la porte d’entrée privilégiée sur le territoire du Parc. Les parcelles agricoles sont enclavées entre les communes et la lisière de la forêt de Roumare qui couvre environ 3500 hectares. L’ensemble des marais et des prairies humides bordées d’arbres têtards de Saint-Martin-de-Boscherville à Hénouville donne au paysage une unité très esthétique. En vallée, s’étendent hameaux et marais, sur le plateau domine le bourg. La transition se fait par un coteau crayeux abrupt soit boisé, soit en prairie menacée par l’enfrichement.



La boucle d'Anneville

Son paysage porte les stigmates des prélèvements de sables et de graviers à partir des alluvions déposées par la Seine en terrasses successives. L’exploitation de carrières a bouleversé l'organisation du paysage traditionnel. Il subsiste le cordon périphérique de cours fruitières et de prairies humides ponctuées d'arbres têtards et la haute terrasse occupée par la forêt de Mauny. Au centre, les marais et les terrasses plus sèches présentent une succession de déblais en eau (ballastières) ou secs, de cônes de sables et graviers extraits… et un stockage conséquent de phosphogypses grisâtres. En fédérant les acteurs publics et privés de ce paysage, le Parc mène un projet de reconquête paysagère et naturelle de la boucle.



La boucle de Jumièges

Langue de terre étranglée par la Seine qui lui vaut l’appellation de "presqu’île de Jumièges". Une identité paysagère forte façonnée au fil des siècles et marquée par trois éléments se succédant sur les terrasses d'alluvions déposées par la Seine : les cours fruitières et leurs vergers en périphérie et au centre, les étendues de prairies humides limitées par des fossés et des arbres "têtards" et, enfin, la forêt de 600 ha. A l'ombre tutélaire des ruines de l'Abbaye, l'arboriculture s’est développée grâce au micro-climat du à la Seine et à la présence des falaises. Sur la « route des fruits » les producteurs proposent leurs fruits au fil des saisons : cerises, prunes, poires et pommes.





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