Les richesses du Parc

Les richesses patrimoniales


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Les savoir-faire

Les savoir-faire du territoire

La Haute-Normandie, en raison de ses nombreuses ressources naturelles, a su développer diverses activités qu’elles soient artisanales ou industrielles. Si certaines ont aujourd’hui disparu, d’autres sont apparues depuis lors.


Les activités développées grâce aux cours d’eau

La présence de nombreux cours d’eau, affluents de la Seine, a permis le développement de petits métiers voire d’industries plus  importantes.
A Duclair, l’Austreberthe fait fonctionner plusieurs moulins dont la plupart ont aujourd’hui disparu ou ont été transformés. L’abbaye de Jumièges est ainsi propriétaire de moulins à blé à Duclair qu’elle loue à des fermiers. La rivière sert également à alimenter un moulin à huile ou à papier ainsi que des moulins transformés par la suite en filature de coton.
Dans le vallon du Vivier, près de Tancarville, la présence de la rivière et des marais a permis le développement de petites activités telles que des cressonnières, des tourbières mais aussi la pêche. On peut également noter l’existence de deux moulins à eau dont l’un a été transformé depuis en habitation.
L’Ambion et la Sainte-Gertrude, qui passent toutes deux à Caudebec-en-Caux, ont surtout permis l’installation de petites industries telles que des blanchisseries ou des tanneries. Il existe deux blanchisseries, l’usine Desgenétais et l’usine Fouquet-Lemaître qui sont chargées du blanchissage du coton.
Enfin, la Rançon, qui passe sur la commune de Saint-Wandrille-Rançon a surtout connu une activité de minoterie avec l’installation de nombreux moulins à blé. Un seul a survécu : le moulin à eau du Haut-Pas.



La tannerie

Les nombreux canaux de la Risle qui coulent à travers la ville ont suscité l’installation de divers travailleurs du cuir, qu’ils soient tanneurs, mégissiers ou corroyeurs. Ces métiers, dont l’activité est  étroitement liée à la présence de l’eau, ont fait la réputation de Pont-Audemer. Les traces de ces activités sont toujours visibles notamment par la présence de quelques manufactures et d’anciens séchoirs à peaux.  Jusqu’à sa fermeture, au début des années 2000, la tannerie Costil était l’une des tanneries les plus performantes de France.
La ville de Caudebec-en-Caux, traversée par l’Ambion et la Sainte-Gertrude, connaît une activité de tannerie mais de moindre importance que celle de Pont-Audemer. Le moulin Caverois, anciennement connu sous le nom de moulin Saint-Pierre et dépendant de l’abbaye de Jumièges, est transformé dès le XIIIe siècle en tannerie. Il est détruit en 1940.
De nos jours, l’industrie de tannage est quasiment inexistante en Haute-Normandie.



La vannerie

Le vannier porte plusieurs appellations notamment celles de corbellier ou de panetier. Il s’installait souvent en lisière de forêt en raison de l’utilisation d’essences forestières pour la fabrication des paniers. Il peut utiliser différentes essences comme le châtaignier ou l’osier, issu de la souche du saule. Il peut ainsi fabriquer des paniers de pêche, des rasières, des clayettes, des corbeilles, des paniers à linge ou à pain, des éclisses, des vans, etc.
Certains corbelliers, fixés à proximité de la forêt de Lillebonne, ont une production assez diversifiée : « rasières » et « quartes » pour le ramassage des pommes, « paniers à veaux » (muselières), « mannes » à quatre anses pour les maraîchers, et autres mannes à poisson (pour les morutiers du port de Fécamp) ou à charbon (pour le chargement du charbon sur les transatlantiques qui fréquentent le port du Havre).
De nos jours, le vannier destine essentiellement sa production à l’aménagement de magasins (pour la présentation de produits), à la boulangerie (pour la panification et la manutention du pain) ainsi qu’à la décoration et à l’ameublement.



Le travail du bois

La Haute-Normandie est riche de nombreuses forêts dont la plus importante, située sur le territoire du Parc, est la Forêt de Brotonne.
La présence de cette ressource naturelle entraîne l’installation dans la région de nombreux artisans tels que des charbonniers, des scieurs de long, des bûcherons, des sabotiers, des menuisiers, des ébénistes, des tonneliers, etc. Une distinction très forte existe entre les artisans qui travaillent et vivent au sein même des forêts, constituant parfois des sortes de castes, et les artisans des villes qui procèdent à la transformation du bois en objets usuels tels que les menuisiers, les ébénistes ou les tonneliers.
Chacun de ces métiers se distinguent des autres par un outillage spécifique et chaque outil a un usage particulier. Les bûcherons et les scieurs de long utilisent principalement la cognée ou la hache pour abattre l’arbre et le passant pour débiter les troncs. Les sabotiers ont quant à eux de nombreux outils servant aux différentes phases de travail d’un sabot : la gouge, le paroir, la talonnière, le boutoir, etc.
De nos jours, la filière-bois en Haute-Normandie est très active et trouve de nombreux débouchés dans les secteurs de première transformation (scierie, pâte à papier, etc.) ou de deuxième transformation (charpente, menuiserie, construction.etc).



La culture et la transformation du lin

Cultivé dès le XIIIe siècle en Haute-Normandie, le lin trouve dans le Pays de Caux des conditions favorables pour sa croissance : un climat humide et des sols fertiles.
Avant l’ère industrielle, il est tissé dans les foyers par des ouvriers nommés toiliers ou samoisiers selon la destination du tissu (habillement, linge de maison ou ameublement). A partir du XIXe siècle, avec la mécanisation et l’introduction de forces motrices telles que l’eau, le vent, la vapeur ou l’électricité, on assiste à l’industrialisation du travail du lin. Il est alors transformé mécaniquement dans des filatures de lin établies aux portes du territoire, par exemple dans la vallée du Cailly ou dans la vallée de l’Austreberthe.  L’avancée des technologies et la mondialisation du secteur conduiront à donner naissance, au cours du XXe siècle, à plusieurs coopératives d’ampleur internationale.
De nos jours, seule l’opération de teillage est réalisée en France. Le lin est ainsi exporté à 90% vers la Chine où il sera filé et tissé avant de revenir sous forme de vêtements ou de linge de maison.



La culture et la transformation de la pomme

La Haute-Normandie est réputée pour ses vergers et notamment ses pommeraies où l’on cultive deux types de pommes : les pommes à couteau (exemple avec la variété dite Bénédictin) et les pommes à cidre (exemple avec la variété dite Antoinette). Les déclinaisons à partir de ces fruits sont nombreuses : jus de pomme, cidre, eau-de-vie, sirop, sucre d’orge de Rouen.
L’importance de ce fruit est telle qu’il n’est pas rare de trouver dans chaque corps de ferme un pressoir, permettant dans un premier temps une consommation domestique voire locale du cidre puis entraînant par la suite sa commercialisation. Apparues au cours de la Première guerre mondiale, les premières cidreries et distilleries industrielles prennent de l’ampleur après 1945. La fabrication du cidre débute en décembre avec le pilage des pommes et s’échelonne sur plusieurs semaines jusqu’à ce que le cidre ait atteint son niveau maximum de fermentation permettant sa consommation.
Un personnage récurrent des paysages normands est le bouilleur de crû qui, accompagné de son alambic ou bouillotte (sorte de grand fourneau en cuivre monté sur un chariot), parcourt les villages pour distiller le cidre et fabriquer ainsi l’eau-de-vie destinée à une consommation domestique.



Les savoir-faire industriels

La Seine établit une coupure assez nette entre la rive gauche, d’aspect rural et agricole et la rive droite sur laquelle se sont établies les principales industries à l’origine d’un développement économique local.
Les industries les plus importantes implantées sur le territoire du Parc se situent entre Duclair et Caudebec-en-Caux.
La première grande industrie à se développer sur le territoire est une clouterie fondée par Clarin Mustad en 1891 à Duclair. D’origine norvégienne, cet industriel s’est spécialisé dans la fabrication de clous à ferrer avant de diversifier sa production (vis à étoile, boulons, rondelles). Les machines ainsi que les matières premières venaient directement de Norvège par bateau. L’usine ferme ses portes à la fin des années 1980.
Yainville a été le siège de plusieurs industries dont la plus importante produisait de l’électricité. Une première centrale thermique est construite par la Société havraise d’énergie électrique à partir de 1918. Suite aux dégâts provoqués par la Seconde guerre mondiale et l’accroissement de la demande en électricité, une seconde centrale, dite Yainville II, est construite à partir de 1948. Face à la progression du nucléaire dans les années 1970 dans le secteur de l’énergie, la centrale est progressivement fermée. Les bâtiments sont totalement détruits en 1991. Seuls les bâtiments de la première centrale ont été conservés et réhabilités pour accueillir une société de chaudronnerie industrielle.
De petit bourg rural, Le Trait devient rapidement une commune importante par l’installation de chantiers navals. Suite aux dégâts causés à la flotte navale française pendant la Première Guerre mondiale, la société Worms & Cie est chargée par le gouvernement de la construction de chantiers navals au Trait. Achevés en 1921, les chantiers produisent pendant plusieurs décennies près de 200 navires tels que des pétroliers, des chalutiers, des paquebots, etc. Les chantiers Worms, devenus en 1946 Les Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime se diversifient dans les années 1960 en produisant des équipements industriels. Mais face à la concurrence et à la montée de conflits sociaux, les chantiers du Trait ferment leurs portes en 1972.
Caudebec-en-Caux connaît un important développement industriel par la présence d’une usine aéronautique. En 1917 est fondée l’usine Latham spécialisée dans la construction d’hydravions destinés à approvisionner la Marine nationale. L’usine connaît un âge d’or jusqu’à la Seconde guerre mondiale mais suite à la guerre et au ralentissement de l’activité aéronautique, elle doit fermer ses portes en 1947. Il faut attendre 1952 pour que l’usine soit reprise par la société pour la Révision et l’Entretien du Matériel Aéronautique (Révima), spécialisée dans la révision et l’entretien des trains d’atterrissage et des moteurs auxiliaires des gros porteurs.  L’usine, toujours en activité, emploie à l’heure actuelle près de 500 personnes.
La présence de la Seine comme voie navigable ainsi que la proximité des grandes agglomérations que sont le Have, Rouen et Paris ont été des facteurs déterminants dans l’installation de ces industries.
Celles-ci ont apporté un dynamisme économique local et fait œuvre de bâtisseurs en créant la cité ouvrière  de Saint-Wandrille-Rançon et la cité-jardin du Trait.





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