Les richesses du Parc

Les richesses patrimoniales


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Vie quotidienne


S'abriter

La chaumière est la forme d’habitation la plus caractéristique de notre territoire. Elle présente une structure en chêne, essence très répandues dans les forêts normandes. Entre les pans de bois, on remplit traditionnellement avec du torchis, c’est-à-dire un mélange d’argile et de paille. La couverture est en paille (le chaume) ou bien en ardoise ou en tuile.
Mais la chaumière n’est pas le seul type de maison et selon le rang social, les usages et la géologie du sous-sol les matériaux utilisés et les formes changent. On trouve ainsi des châteaux en pierre, des manoirs en pierre, brique ou pan de bois, des maisons de pierre et des édifices en brique.
La maison de l’ouvrier agricole comporte deux ou trois pièces de vie (deux chambres et une salle commune). La maison de maître a un étage. Mais bien souvent, la maison n’est qu’un élément d’un ensemble qui est le domaine.  C’est particulièrement vrai dans le secteur agricole où l’exploitation regroupe autour de la maison des bâtiments fonctionnels qui seront différents selon qu’on se trouve dans la vallée de la Seine ou dans le Pays de Caux. Ces différences s’expliquent par le type d’agriculture, fruitière dans la vallée et céréalière sur le plateau.
Le clos-masure, caractéristique du plateau, comprend de nombreux bâtiments : les bergeries transformées en étables, les écuries, les granges, le poulailler, la charreterie et le colombier au centre de la cour, signe de la noblesse de la famille. L’ensemble est disposé dans la cour-masure, plantée d’arbres fruitiers.



Se vêtir

Jusqu’au XIXe siècle, le prêt-à-porter n’existe pas et le costume est taillé sur mesure par un tailleur qui se déplace à domicile. Le tailleur travaille avec les tissus achetés par la famille à la mercerie ou au colporteur.
Le costume le plus courant est la blaude et les sabots mais le costume coûte cher et on n’a bien souvent qu’un seul habit du dimanche qu’il fallait faire durer une dizaine d’années.
Le costume a également une valeur sociale puisque selon le rang social que l’on occupe et le métier que l’on pratique, on ne porte pas le même.
Au XVIIIe siècle, les femmes portent de petits bonnets de travail et une coiffe le dimanche. La mode des coiffes semble se répandre avec la production de nouveaux produits de l’industrie textile (mousseline, gaze, tulle de coton) que l’on peut broder.
Il faut savoir qu’en Haute-Normandie, il est facile de se procurer du tissu car c’est l’une des principales régions manufacturières de France : les draps de laine sont fabriqués  à Elbeuf et à Louviers, les tissus de coton à Rouen et à Bolbec, les tissus de lin un peu partout avant l’arrivée du coton.
Jusqu’au XVIIIe siècle, les vêtements sont rangés dans des coffres et c’est seulement vers 1750 qu’apparaît l’armoire qui sera l’un des meubles les plus populaires en Normandie. Les commodes à tiroirs et les bonnetières pour ranger les coiffes n’apparaissent qu’au XIXe siècle.
Les chambres sont meublées de lits généralement clos comme en Bretagne et de quelques chaises.
La salle commune comprend un buffet à deux corps présentant les plus belles faïences de la famille. La famille se rassemble pour manger autour d’une table trotte-chat et de ses bancs.  En général, le mobilier se limite à ces quelques meubles.



S'alimenter

L’alimentation est un marqueur du territoire.
On a coutume de séparer la France en trois grandes zones :
·         La France de la cuisine à l’huile
·         La France de la cuisine au beurre
·         La France de la cuisine au saindoux

Concernant la boisson, on identifie également trois France :
·         La France de la bière
·         La France du cidre
·         La France du vin

Même si l’alimentation des classes aisées s’inspire davantage de la cuisine dite bourgeoise, la Normandie se situe dans la zone de la cuisine au beurre et la boisson traditionnelle est le cidre.
Plusieurs plats constituent la base de l’alimentation. Il y a tout d’abord la soupe constituée de pommes de terre, de poireaux, d’oignons… Mais aussi la bouillie faite à partir de farine de blé trempée avec du lait écrémé puis cuite.  Le bouillot est, quant à lui, une bouillie de farine de froment et de lait dans laquelle on trempe des croûtons de pain. Le pain a une grande importance dans l’alimentation, il en existe de différentes sortes selon la farine utilisée ou la cuisson. Les pains sont souvent consommés sur plusieurs jours obligeant alors à les griller pour le manger.
La cuisine traditionnelle se caractérise par un certain nombre de plats codifiés comme le gigot d’agneau bouilli dans le Pays de Caux, la langue de bœuf ou le pot-au-feu de gigot. Il y a aussi le traditionnel canard de Duclair qui est étouffé et non pas saigné afin de conserver une belle chair rouge.
La Normandie est aussi très réputée pour la variété de ses fromages dont les plus connus sont le camembert, le Pont-l’Evêque, le Livarot, le Neufchâtel… Moins connu est le fromage produit à La Bouille, commune de Seine-Maritime. Crée à la fin du XIXe siècle par une certaine Madame Dupuis, il est aujourd’hui difficile de le trouver.
Enfin, une des spécialités sucrées du territoire est le fameux douillon aux pommes ou aux poires. Le fruit entier est enrobé d’une pâte puis cuit au four.

Boisson incontournable en Haute-Normandie, le cidre est d’abord consommé de façon occasionnelle car considéré comme un produit luxueux. Il devient par la suite une boisson courante que l’on retrouve sur toutes les tables. La Haute-Normandie produit également de l’eau-de-vie de cidre connue sous l’appellation Calvados ou plus communément goutte. Le café est souvent consommé avec de l’eau-de-vie.



Se distraire

Les occasions de se distraire sont déterminées par les fêtes religieuses, les fêtes populaires et les événements familiaux. Ainsi des fêtes ponctuent l’année : les Rois, Mardi Gras, les Rameaux, Pâques, la Saint-Jean, le 15 août, la Saint-Michel, le 1er janvier avec les traditionnelles « étrennes ».
Les événements familiaux ponctuent également la vie des habitants : naissance, baptême, communion, fiançailles, mariage, décès.
Dans la région, les marchés sont également une occasion de se voir, de vendre et d’acheter. Le marché de Routot le mercredi, le marché de Duclair le mardi et celui de Pont-Audemer sont courus.



Jeux extérieurs et intérieurs

La vie quotidienne est également rythmée par de nombreuses distractions. Le jeu de dominos est particulièrement apprécié dans le Pays de Caux où il se pratique souvent au cabaret. Les petits chevaux font leur apparition quant à eux à partir de 1870. Pour les jeux extérieurs, on a le choix entre le jeu de quilles, les différentes courses (au sac, à l’oie, aux œufs, à la grenouille) ou la soule prononcée choule. Considérée par certains comme l’ancêtre du football ou du rugby, la choule est interdite en 1852 en raison de son caractère violent. La pratique de ce jeu perdure néanmoins, souvent en cachette avant de pratiquement s’éteindre durant la Seconde guerre mondiale. Depuis quelques années, on assiste à une renaissance de ce jeu séculaire.



Ecrire et parler

Le normand est l’une des premières langues écrites avec le picard et le champenois. Le cauchois, qui en constitue une variante est un parler au vocabulaire particulièrement riche. De nos jours, le cauchois reste pratiqué par une minorité de la population mais est toutefois mis à l’honneur par le biais d’associations ou d’écrivains locaux. On le trouve également dans le Courrier cauchois qui publie chaque semaine un texte en cauchois.
Dans le pays de Caux, le cauchois reste pratiqué même si elle accuse un recul notable.



Mourir

La Haute-Normandie est la région qui compte le plus de confréries de charité encore en activité. Nées lors des grandes épidémies de peste où nul ne souhaitait s’occuper de l’inhumation des défunts, ces confréries ont dès lors apporté leur soutien à l’Eglise en participant à l’organisation des inhumations mais aussi en apportant un soutien moral aux familles.
Parmi les personnalités inhumées dans la région, il faut bien sûr citer Léopoldine Hugo, fille du célèbre romancier, morte noyée en 1843 lors d’un accident de barque au cours duquel son mari, Charles, perd également la vie. L’oncle de Charles Vacquerie ainsi que son neveu, qui se trouvent également dans la barque, n’échappent pas à la noyade. Tous les quatre sont enterrés dans le cimetière de Villequier où résidait la famille Vacquerie.





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