Biodiversité ordinaire

Qu’est-ce qu’un Atlas de la Biodiversité Communale ?

Un Atlas de la Biodiversité Communale est un inventaire des milieux et espèces présents sur un territoire donné (source : OFB). La réalisation de cet inventaire permet de cartographier les enjeux de biodiversité à l’échelle d’un territoire. Il implique l’ensemble des acteurs d’une commune (élus, citoyens, associations, entreprises, …) en faveur de la préservation du patrimoine naturel. Plus qu’un simple inventaire naturaliste, un ABC est donc un outil d’information et d’aide à la décision pour les collectivités, qui facilite l’intégration des enjeux de biodiversité dans leurs démarches d’aménagement et de gestion.

L’ABC du Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande

Dans ce cadre, un Atlas de la Biodiversité Communale a été lancé par le Parc sur 15 communes du plateau du Roumois, de 2020 à 2022. Le projet comportait plusieurs parties :

  • Un recueil de données et des inventaires naturalistes, parfois participatifs, afin d’augmenter la connaissance naturaliste sur le territoire retenu ;
  • Des actions de sensibilisation et des animations pour tous, pour favoriser la compréhension et l’appropriation des enjeux de biodiversité propres au territoire ;
  • Une implication des acteurs locaux pour construire, en concertation, des recommandations afin d’améliorer la gestion des espaces publics (voire privés) du territoire donné.

Des résultats encourageants

Cet ABC a permis de mettre l’accent sur la nature dite plus ordinaire, mais qui revêt une importance d’autant plus capitale aujourd’hui, notamment face aux enjeux du changement climatique. De belles découvertes ont néanmoins été réalisées comme le Scirpe triquètre et la Patience des marais, deux espèces de plantes très rares en Normandie ou encore le Sphinx gazé, un papillon rare et menacé en ex-Haute Normandie, et le Petit nacré, une espèce peu commune. Au total, 132 espèces d’oiseaux, 470 espèces d’insectes et 987 espèces de plantes ont été recensées via les inventaires.

L’utilité de la connaissance pour préserver la biodiversité

L’atlas a également contribué à identifier des secteurs à enjeux et à définir des recommandations de préservation et de valorisation du patrimoine naturel communal. Un accompagnement « sur mesure » est proposé à chaque commune afin de réfléchir à des plans d’actions à mettre en œuvre concrètement et localement pour préserver la biodiversité et améliorer ses conditions d’accueil. A ce titre, les données récoltées et la connaissance acquise pourront être intégrées dans les documents d’urbanisme des Communautés de Communes Roumois Seine, de Pont-Audemer Val de Risle, et de la Métropole Rouen Normandie.  En parallèle, les secteurs naturels essentiels au maintien des espèces et les éléments supports qui permettent leurs déplacements (mares, haies, vergers…) seront cartographiés dans ce qu’on appelle la « trame verte et bleue ».

Qu’est-ce qu’une Trame Verte et Bleue ?

La trame verte et bleue regroupe un ensemble d’espaces sur un territoire permettant aux espèces (faune et flore) de s’alimenter, de se reproduire, de se reposer,… en somme, de réaliser tout leur cycle de vie. 
On distingue :

  • Les réservoirs de biodiversité où les espèces peuvent assurer leur cycle de vie,
  • Les corridors écologiques qui permettent le déplacement des espèces d’un réservoir à l’autre

Haies, praires, vergers et boisements forment la trame verte, utilisée par les espèces terrestres (hérisson, chevreuil…) tandis que les réseaux de mares et les cours d’eau forment la trame bleue, utilisée par les espèces au moins en partie aquatiques (anguille, triton…). A la TVB s’ajoute la Trame noire. Les nuisances lumineuses (éclairage public, publicité…) constituent un obstacle aux déplacements des espèces nocturnes, cette trame regroupe les espaces peu ou pas soumis à ces nuisances.

La démarche de la trame verte et bleue vise à compléter les politiques de préservation des espaces naturels (parcs nationaux, réserves naturelles, réseau Natura 2000, parcs naturels régionaux) en y ajoutant une dimension dynamique. Lors de travaux d’aménagement, cela permet de prendre en compte l’ensemble des espaces nécessaires au fonctionnement des écosystèmes et d’ainsi limiter les impacts sur ces espaces. L’enjeu est de lutter contre la fragmentation des milieux naturels, qui résulte de l’aménagement du territoire (autoroute, zones commerciales…). Cette fragmentation des espaces est un des facteurs du déclin global de la biodiversité. 

Les trames vertes et bleues du Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande

Un travail a été mené à l’échelle du Parc pour identifier ces continuités écologiques ainsi que les réservoirs de biodiversité sur tout le territoire. Pour mieux lutter contre l’érosion de la biodiversité, la TVB peut être déclinée à une échelle locale, voire communale. Le Parc conseille les communes qui le sollicitent pour agir afin d’améliorer la biodiversité sur leur territoire. Cela permet d’identifier de façon précise les corridors écologiques et de concilier aménagement et biodiversité. Cette connaissance fine permet d’inclure les éléments qui forment la TVB dans les documents d’urbanisme pour les préserver. Cette démarche se base sur des éléments vivants et évolue par conséquent dans le temps : il est donc nécessaire d’agir avec élus et habitants pour échanger sur les pratiques de gestion afin de pérenniser et transmettre ce paysage. Le Parc propose également un appui technique pour la prise en compte de la TVB dans les documents d’urbanisme. Il intervient en temps que Personne Publique Associée lors de la réalisation de ces documents par les communes et les intercommunalités.

Une trame restaurée permet à la nature de mieux fonctionner, mais rend également nos territoires plus résilients dans un contexte de changement climatique. A titre d’exemple, des linéaires de haies peuvent faire office de brise vent, limiter l’érosion des sols, favoriser le développement des insectes polinisateurs et offrir une source de bois local. Cette démarche permet d’agir pour restaurer le fonctionnement des écosystèmes et ainsi d’améliorer notre cadre de vie.

Soyons attentifs à la biodiversité qui nous entoure !

Sur certains tronçons, en particulier au niveau de Bouquelon dans le marais Vernier, une mortalité importante d’amphibiens est constatée sur les routes lors de la migration en fin d’hiver – début de printemps du coteau vers le marais. A cette période de l’année, soyons particulièrement vigilants en voiture pour ne pas percuter les amphibiens qui traversent les routes ! Nous pouvons également agir par des gestes simples dans nos jardins :

  • Privilégier les haies d’essences locales ;
  • Installer des grillages à mailles larges, sans soubassement ;
  • Limiter les surfaces artificialisées comme les chemins d’accès goudronnés ;
  • Conserver les éléments naturels sur les parcelles : vergers, mares, prairies naturelles, etc. ;
  • Limiter la tonte dans certaines zones du jardin pour permettre aux plantes de faire leur cycle complet et à la faune de trouver refuge ;
  • Ne pas utiliser de produits chimiques (désherbants, répulsifs, etc.) ;
  • Eviter les éclairages nocturnes inutiles, perturbants pour les oiseaux et chauves-souris notamment.

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